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 Légers Problèmes [pv Laitna&Neo]

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Alizel

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MessageSujet: Légers Problèmes [pv Laitna&Neo]   Jeu 28 Juin - 2:57

Comme le château est sensé être ma nouvelle maison, j'ai passé toute la soirée et la nuit d'hier à l'explorer. Je n'aime pas faire de l'exploration le jour. Il y a trop de monde partout, et ça me dérange tous ces bruits inutiles, futiles qui servent à la conversation. Non mais c'est vrai! C'est qu'elles racontent n'importe quoi ces servantes! Elles passent leur temps à critiquer ceci, à se plaindre de cela! Mais au moins, c'est une bonne méthode pour apprendre tout ce qui se passe dans le château. Ce sont de vrais pies, qui ne savent pas se retenir de raconter des ragots, ça c'est certain. Mais il reste que ces petites ingrates de bonnes femmes sont très bien pour faire toutes les corvées. Elles vouent leur vie à me servir, moi, et elles devraient d'ailleurs en être honorées à chaque instant de leur vie ridicule!

J'en ai appris beaucoup sur le château, surtout sur les objets de valeur dispersés un peu partout dans certaines pièces. Quel gaspillage... Tous ces trésors gardés dans des salles où ils ne font que prendre la poussière, en attendant patiemment ma venue pour que je puisse les libérer de cette prison et ainsi les vendre et m'enrichir. Je me demande toujours pourquoi le Roi ne m'a pas déjà offert un présent pour mon arrivée au château. Vraiment, l'hospitalité ici...

Bref, en ce matin bruyant causé par toutes les activités puériles des êtres de classe inférieur, je suis d'une humeur massacrante. Roulée en boule dans mes couvertures, l'oreiller sur les oreilles, le soleil pénètre impitoyablement dans ma chambre, alors que ma servante se promène en se dandinant et en fredonnant une horrible chanson qui écorche mes jeunes oreilles. Elle m'aborde d'une voix bien trop joyeuse à mon goût, avec le ton qu'on emploie avec quelqu'un de familier:

-Bon matin mademoiselle! Comme le dit si bien le dicton, l'avenir appartient à celui qui se lève tôt! Vous devriez profiter de cette magnifique journée ensoleillée pour faire le tour du château et des environs, pour vous familiariser avec votre nouveau chez soi. Vous avez toute une chance d'être élève d'Émeraude! C'est un véritable honneur de pouvoir faire partie de cette caste d'élite, créée par notre chère Déesse! Cette Déesse a si bon coeur... Prévenir notre Roi des intentions si maléfiques de ce vile continent qu'est Irianeth! Elle a ensuite proposé de créer cette caste de Chevaliers magiques pour nous défendre...

Je grommelle un "va-t-en bonne femme!", mais elle ne semble pas l'entendre, ou ne veux pas, et continue avec ses histoires si ennuyantes et inutiles. Et son ton familier me tape de plus en plus sur les nerfs... Je me roule de plus belle, en m'assurant de bien lui tourner le dos pour lui démontrer mon anti-sociabilité. Elle reprend malgré tout, toujours sur le ton de la conversation:

-Malgré que je désapprouve son choix de professeur, je suis certaine qu'il est compétent, sinon elle ne l'aurait pas choisi. Et la Chef de la caste aussi, une jeune femme pleine de promesses je vous dis! Je suis assurée de bien dormir toutes les nuits en sachant que des enfants comme vous se préparent pour servir notre merveilleux continent! Je suis certaine que vous allez donner une raclée à ces Tanieths! Avec des enseignants de cette trempe, je suis certaine que vous serez dans les meilleurs des meilleurs, mademoiselle!


Je pousse un grognement mécontent, puis je repousse violemment mes couvertures, et je lance mon oreiller à travers la pièce, et s'avère tomber à quelques centimètres exactement de l'endroit où se tient la servante, étonnée et choquée par ma réaction. D'une voix autoritaire et froide, je prends la parole:

-Suffit! J'en ai assez d'entendre vos mémérages futiles! Comment osez-vous seulement pénétrer dans ma chambre sans mon consentement? Comment osez-vous m'adresser la parole, avec votre langue dégoûtante qui ne raconte que des sornettes!? Et surtout, surtout... Comment osez-vous vous adresser à moi avec ce ton si familier? Puis-je vous rappeler que vous êtes uniquement ici pour me servir, et rien d'autre! Alors, voici comment se passeront les prochains matins... Premièrement, vous entrerez dans ma chambre sans faire de bruit, sans écarter les rideaux! Comment voulez-vous que je dorme avec toute cette lumière? Vous ferez le ménage impeccablement, sans faire un seul bruit, puis vous rangerez tous mes vêtements selon leur catégorie et leur couleur. Je veux que tout soit parfaitement placé, alors je veux que vous vous assuriez que tout est toujours exactement à la bonne place, est-ce clair? Vous pourrez ensuite débarrasser le sol de votre présence impur, et refermer la porte sans faire de bruit. Lorsque les cours commencerons, je vous donnerai une nouvelle marche à suivre. Ici, c'est moi qui commande, c'est moi la maîtresse, et vous n'êtes là que pour faire ces ignobles corvées. J'espère que j'ai été assez claire pour votre simplicité. Oh, et soyez plus formel avec moi. Je vous ordonne de me vouvoyer en permanence!

La servante me regarde, abasourdie, alors que je débite toutes mes règles pour qu'elle puisse me servir impeccablement. Il faut toujours tout leur expliquer... Ils sont si lents à comprendre! Finalement, elle se courbe maladroitement et bredouille un "Bien, mademoiselle" avant de quitter la chambre en faisant attention pour refermer la porte sans faire de bruit.

-Oh, attendez un instant, servante.


Elle revient précipitamment, blanche comme un drap.

-Prévenez les autres de la marche à suivre, et dites exactement ce que j'ai dit, mot pour mot. Je ne tolèrerai aucune erreur de votre part.

-Bien, mademoiselle, elle prononce avec difficulté, avant de quitter la pièce maladroitement.

*Une bonne chose de faite*
je pense avec découragement. Je serai toujours impressionnée par leur stupidité, à ces faibles humaines. Décidément, ces personnes incompétentes font exactement tout pour me pourrir la vie!

Je me lève finalement, m'étire paresseusement, puis je vérifie dans ma garde de robe contenant mes vêtements. *Il m'en faudrait peut-être des nouveaux... Ça allait pour me balader et voler, mais je dois être présentable, pour bien indiquer qui dirige entre moi et ces pies. Mais j'imagine que je peux trouver les fonds nécessaires dans la cour du château...* je pense avec un sourire malicieux.

J'attrape une chemise blanche avec une paire de pantalon avec une panoplie de poche, puis j'agrippe rapidement un ruban bleu que je noue à mon cou, avec ma ceinture et ma dague que j'attache à ma taille. J'enfile rapidement mes chaussures, et lorsque je tombe sur mon oreiller que j'ai lancé plus tôt, j'hausse les épaules et je l'enjambe pour me diriger vers la cour du château. La servante s'occupera de faire mon lit et de replacer mes choses.

Je sors par les grandes portes, et le soleil m'aveugle immédiatement. Je grommelle de mécontentement, puisqu'il m'empêche de repérer Sërr et Kërrh, mes deux corbeaux de compagnie, essentiel pour commettre mes vols. Je mets ma main en visière, et je scrute attentivement le ciel, à la recherche de deux petites taches noires. Je décide finalement d'utiliser mes capacités magiques, et je sonde le territoire autour du château. Ça et communiquer avec quelques races d'animaux, c'est tout ce que je sais faire. Je n'ai pas vraiment cherché a en savoir plus sur mes capacités magiques. Je n'ai eu besoin que de ces deux-là pour survivre, alors je n'ai pas perdu mon temps avec ces sottises.

Je sens finalement leur présence sur un rempart à l'autre bout de la cour. Je lâche un sifflement pour attirer leur attention, et ils quittent finalement leur perchoir. Ils atterrissent non loin de moi, et me demande la marche à suivre pour aujourd'hui. Je m'accote à un mur à l'ombre, et je sors machinalement ma dague, en jouant distraitement avec. Je réfléchie à ce que je pourrais bien voler, pour me faire un peu de sous.

Au moins, je suis nourrie ici, mais j'aime tout de même avoir de l'argent pour m'acheter de nouvelles choses, comme des dagues ou des rubans, même si pour l'instant, c'est surtout des vêtements que je cherche, mais comme ça ne se vole pas vraiment, il faut que je me fasse un peu de sous. Et ça, je peux le faire en volant. Et une nouvelle dague ne me ferait pas de tort, puisque la mienne commence à s'émousser, et je n'ose jamais m'approcher des forgerons pour l'aiguiser.

Je vérifie ma bourse, et compte mon argent. Pas beaucoup... Je prends finalement la parole, d'un ton totalement différent de celui que j'avais employé avec la servante:

-Je n'ai pas vraiment de sous, et il me faudrait de nouveaux vêtements et une nouvelle dague. Je peux me permettre plus de fantaisie maintenant, puisque j'ai n'ai plus à me déplacer. Mais je manque d'argent pour l'instant, et je n'ose pas voler les merveilles dans ce château parce que je ne sais pas si ils sont gardés ou non. On va donc se contenter du marché pour le moment. Au moins, on n'a plus à se soucier de la nourriture, ni de se trouver un toit. Je vous propose donc de voler quelques pierreries dans ce marché, avec la bonne vieille technique, puis on empoche l'argent et je m'achète de nouveaux vêtements, puis j'irais voler la dague en dernier. Ça vous va?

Ils hochent tous les deux la tête, et me demande ma première cible.

-On va commencer par connaître un peu les prix du coin, puis je vous ferai signe lorsque j'aurais trouvé un étalage potable. On fera le fameux coup de la diversion.

Je range ma dague, puis j'affiche un sourire innocent et je commence à questionner les marchands sur place à propos des différents prix. *Ce que c'est cher ici! De vrais escroqueurs...* je note en moi-même, en évitant d'afficher le dégoût que je ressens intérieurement. Je leur souris aimablement et les remercie, puis passe au prochain étalage. Je répète l'opération quelques fois, lorsque je repère enfin un étalage intéressant. L'étalage est situé à la fin d'une rangée, avec un côté ouvert. Le marchand qui le tient semble être plutôt balourd et lent, bref, une cible idéale. Je m'approche et je jette un coup d'oeil intéressé à la marchandise, qui se compose de bijoux de valeur. L'homme, bien fier de ses fameux objets brillants, m'adresse la parole:

-Désolée petite, je crains que ces petits bijoux ne soient trop chers pour ta petite bourse. Et si tu revenais avec ta maman ou ton papa? Je suis certain que quelque chose pourrait bien les intéresser... Et mes prix sont très abordables! Les meilleurs que tu puisses trouver sur le marché!


*C'est ça c'est ça! De la pacotille ce que tu racontes, le gros!* je pense intérieurement, mais je me compose pourtant un visage tout excitée, et je lui promets que je reviens avec ma mère, puis je pars me cacher derrière un autre étalage. Je siffle pour indiquer à mes deux amis que j'ai trouvé ma cible. On conclut rapidement du plan, puis je repars en direction de l'étalage, avec un grand sourire excité au visage, qui s'avère en fait être le sourire victorieux que j'aborde lorsque je fais un mauvais coup.

L'homme semble surpris de me revoir aussi rapidement, surtout sans aucun adulte proche de moi. Je lui assure que ma mère m'a donné l'argent nécessaire, et je lui pointe un bijou situé à l'opposé du côté ouvert. Puis, Sërr et Kërrh fonde sur l'étalage à leur tour, pour faire diversion. J'en profite pour m'écarter en feintant la surprise, puis je tends rapidement la main vers un bijou situé à l’extrémité de la table, que je fourre en un clin d'oeil dans une de mes poches. L'homme, surpris par l'arrivée brusque des oiseaux de jais, jure et balaie des mains pour essayer de les faire fuir. Ils lâchent finalement lorsqu'ils voient que j'ai déjà empoché l'objet. L'homme grommelle encore quelques injures à l'égard de ces oiseaux de malheur, mais lorsqu'il se retourne vers sa jeune cliente, il ne trouve qu'un espace vide. Je me suis rapidement éclipsée parmi la foule dès l'instant où le bijou était dans ma poche. Je cherche maintenant une cible facile. Je repère une jeune femme, qui discute joyeusement avec un vendeur de fruit.

Je repère rapidement un autre étalage de bijou, puis je m'approche doucement de la femme. Je me compose un visage désemparé et triste, puis j'agrippe sa manche. La femme, surprise, se retourne.

-Madame, pouvez-vous m'aider? Ma mère est malade, et nous avons besoin d'argent pour nous nourrir et lui offrir des médicaments... Elle m'a offert ceci pour le vendre. (Je sors le bijou que je viens de voler, en m'assurant que personne d'autre ne le voit) Elle voudrait que je le vende pour un peu de sous, mais le gros homme qui s'occupe de l'étalage, là-bas (je pointe celui que j'ai repéré quelques secondes plus tôt), ne veut me l'acheter... Il dit qu'il ne veut pas faire affaire avec une jeune enfant pauvre comme moi. Pitié madame, aidez-moi! Vendez-le pour moi, pour ma mère malade...

La femme, compatissante par mon triste sort, me serre chaleureusement dans ses bras, et je manque de vomir par cet acte maternel venant d'une inconnue qui devrait plutôt s'agenouiller devant moi pour me rendre service. Elle prend le bijou de mes petites mains, et me promet qu'elle le fera pour moi. Elle s'approche de l'étalage, et discute violemment avec l'homme surpris, qui ne comprend absolument rien. Il lui remet finalement un certain nombre de pièces en échange du bijou, et la jeune femme revient vers moi. Elle me donne les pièces, et me demande si elle peut faire quelque chose d'autre pour moi. Je secoue négativement la tête, en lui assurant que c'est une femme plein de bonté, et je m'élance pour lui faire un câlin, et la remercier chaleureusement. Elle me sourit tendrement, et je m’éclipse rapidement dans l'ombre. Je manque de m'évanouir suite à mon geste, mais je n'avais pas le choix.

Sërr et Kërrh viennent me rejoindre pour savoir si tout a bien fonctionné. Je leur montre les pièces que j'ai obtenues grâce à ma supercherie, avec un sourire mauvais et froid.

-Ils se font berner à tous les coups... Je ne me lasserai jamais de leur stupidité! Mais revenons à l'étape suivante. En fait, je me demande si je ne serais pas mieux de voler la dague avant, puisque si j'achète les vêtements avant, je devrai aller les porter à ma chambre.

-Je crois que voler la dague avant serait un choix plus judicieux, puisqu'on ne veut pas perdre de temps. Tu termineras avec les vêtements pour disparaître rapidement ensuite, propose Kërrh.

Sërr et moi approuvons, et je repars à la recherche d'un étalage qui offre de jolies dagues. J'en repère un plutôt rapidement, et je m'approche rapidement, mais pas trop près. J'en aperçois une, noire comme le charbon, qui déteint du reste des armes ternes autour. La poignée est aussi noire, et semble de la bonne taille pour ma main. Je siffle doucement, et je leur pointe l'arme qui luit dangereusement. J'observe l'homme, qui est grand et mince, et semble plutôt agile. J'opte donc pour une technique qui l'éloignera assez pour que je puisse m'assurer de la voler sans qu'il m'aperçoit. Je ne compte pas sur mes chances d'évasion avec lui, puisque je sais qu'il pourrait me prendre. Mes deux amis s'approchent discrètement, et je leur fais un rapide résumé du plan, et nous passons à l'action.

Ils s'approchent de l'étalage, et picorent quelques armes, pour finalement en agripper une avec leurs serres pour la balancer plus loin dans la masse compacte de personnes. Je me lance et j'agrippe rapidement la dague noire, et je la remplace avec ma vieille toute émoussée. Mais malheureusement, l'homme a été étonnement rapide, et il m'aperçoit inter changer les dagues. Immédiatement, les deux corbeaux tentent de ré accaparer son attention, mais l'homme se débarrasse d'eux d'un geste brusque, et cours rapidement dans ma direction. Trop rapidement. Je me retrouve coincée, puisqu'il a probablement déjà eu le temps d'imprimer mes traits dans sa tête, à moins qu'il ne souffre d'amnésie précoce, mais je n'ose pas trop compter là-dessus. Je peste contre moi-même alors que j'essaie de m'enfuir dans la foule compacte de gens qui se pressent devant les étalages. Les conversations animées parviennent étouffées à mes oreilles, si bien que je n'entends que ma respiration haletante et les battements frénétiques de mon coeur qui cogne violemment dans ma poitrine. Je jette de fréquent coup d'oeil derrière moi, pour vérifier si l'homme me suit toujours, mais il ne lâche pas prise facilement, et Sërr et Kërrh ont abandonné l'idée de détourner son attention.

Les gens me bousculent et je me déplace avec difficulté, difficulté que l'homme furieux ne semble pas éprouvé, à la vitesse qu'il se déplace. Il ne cesse de crier "Voleuse! Attrapez cette gamine! C'est une voleuse!" alors que je tente vainement de paraître discrète. J'aperçois finalement une ouverture de fuite, lorsque je m'extirpe finalement de la foule de gens, et je tombe direct pile à la sortie du château, qui mène à la forêt. Je cours le plus rapidement que je peux, et mes amis m'encouragent, tout en volant à mes côtés. L'homme sort aussi de la masse de gens, et me poursuit de plus belle, à grandes enjambées, et je comprends d'un rapide calcul mental qu'il ne tardera pas à me rejoindre si je n'accélère pas la cadence.

Je cours de toutes mes forces pour arriver le plus vite possible en bordure de la forêt. Là, mes chances pour le semer seront beaucoup plus grandes, puisque c'est un terrain où je suis habituée d'évoluer. J'étouffe et sue abondement, ce qui n'aide pas tellement mon moral, qui doit bien être au plus bas.

*Je suis dégoûtante! Mais il faut que j'y arrive! Sinon, je suis mal. Très mal... Et je ne crois plus avoir à me soucier de nouveaux vêtements si je me fais prendre...*
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Laitna

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MessageSujet: Re: Légers Problèmes [pv Laitna&Neo]   Lun 2 Juil - 22:12

C’est la nuit de l’abandon de mon père, quand lui et mon frère m’ont laissée derrière eux. Je ne suis alors qu’une petite fillette effrayée. Je me trouve dans une grotte, sombre et incroyablement inquiétante. C’est dans cette grotte qu’ils m’ont abandonnée, seule, à mon triste sort. Des torches accrochées aux murs de la grotte l’éclaire. S’allumant et s’éteignant quelques secondes, les torches rajoutent un aspect sinistre à l’endroit. C’est comme s’il y avait des éclairs qui éclairaient la grotte puis, l’endroit est à nouveau plongé dans l’obscurité. Et cela en boucle, sans arrêt.

Tout d’abord, la grotte est éclairée. Je suis seule. Puis, les torches s’éteignent. Quand elles se rallument je ne suis plus seule. Je suis encerclée. J’ai peur. Ce sont des animaux, tous des prédateurs… ou presque. Ils se rapprochent de moi sans pour autant briser le cercle parfait qu’ils forment. Il n’y a aucune ouverture, aucun trou dans lequel je pourrais me faufiler et m’enfuir. Ils réussiraient à me rattraper de toute manière. C’est alors que je remarque leurs yeux. Dans leurs yeux se reflète leur soif, leur soif de sang. Cette nuit, du sang va couler… Beaucoup de sang. Et ce sang sera mien…


-Suffit! J'en ai assez d'entendre vos mémérages futiles! Comment osez-vous seulement pénétrer dans ma chambre sans mon consentement? Comment osez-vous m'adresser la parole, avec votre langue dégoûtante qui ne raconte que des sornettes!? Et surtout, surtout... Comment osez-vous vous adresser à moi avec ce ton si familier? Puis-je vous rappeler que vous êtes uniquement ici pour me servir, et rien d'autre! Alors, voici comment se passeront les prochains matins... Premièrement, vous entrerez dans ma chambre sans faire de bruit, sans écarter les rideaux! Comment voulez-vous que je dorme avec toute cette lumière? Vous ferez le ménage impeccablement, sans faire un seul bruit, puis vous rangerez tous mes vêtements selon leur catégorie et leur couleur. Je veux que tout soit parfaitement placé, alors je veux que vous vous assuriez que tout est toujours exactement à la bonne place, est-ce clair? Vous pourrez ensuite débarrasser le sol de votre présence impur, et refermer la porte sans faire de bruit. Lorsque les cours commenceront, je vous donnerai une nouvelle marche à suivre. Ici, c'est moi qui commande, c'est moi la maîtresse, et vous n'êtes là que pour faire ces ignobles corvées. J'espère que j'ai été assez claire pour votre simplicité. Oh, et soyez plus formel avec moi. Je vous ordonne de me vouvoyer en permanence! me réveille une voix féminine à proximité.

Malgré le vacarme d’à côté, je reste couchée sur le ventre dans mon lit, les bras sous l’oreiller et les yeux toujours fermés. Je ne sais pas si je devrais être furieuse car cette fille m’a réveillée ou reconnaissance car elle m’a sortie du cauchemar dans lequel j’étais plongée.

Je ne peux m’empêcher de faire un petit sourire en pensant que la fillette en colère contre la servante devait être la nouvelle. Cette dernière avait probablement eu le ''plaisir'' de faire connaissance avec l’une des servantes. Être réveillé par une de ces véritables pies et leurs bavardages futiles rendraient n’importe qui de mauvaise humeur. Pour ma part, quand je suis arrivée au château, je suis également passée par là. Par contre, moi, au lieu de parler, j’ai eu le réflexe de prendre la première chose qui me tombait sous la main et de le lui balancer au visage. Je lui ai donc balancé ma brosse à cheveux au visage… Heureusement pour elle, elle s’est écartée juste à temps pour éviter l’objet. Elle est ensuite partie en courant de la pièce et j’ai pu me rendormir. Depuis, les servantes m’évitent. Je crois qu’elles n’entrent dans ma chambre que lorsque je suis absente ou lorsque je dors.

D’ailleurs, je devrais peut-être me lever… Bientôt, je vais devoir rejoindre Loiskë, mon vieil ami qui est nul autre qu’un loup, dans la forêt. J’enlève donc mes bras de sous mon oreiller et me tourne sur le dos. Les rayons du soleil me caressent le visage et lorsque j’ouvre les yeux, ils m’aveuglent. Je porte aussitôt mes bras à mon visage pour protéger mes yeux.

Je reste immobile, dans cette position, pendant quelques minutes puis, je me lève lentement. Je m’étire en bâillant et me frotte les yeux. Je me dévêtis et, rapidement, j’enfile une tunique noire, un pantalon de toile beige et une paire de bottes noires lacées jusqu’au genou. J’attrape ma ceinture et l’attache à ma taille. J’y place ma dague noire. En effet, j’aime le noir. D’une main experte, je coiffe mes cheveux bruns foncés, pratiquement noirs, en une longue et épaisse tresse française que je laisse tomber dans mon dos.

J’observe ma chambre du regard. Je soupire tristement à l’idée qu’elle ne soit à jamais sans la moindre personnalité… Je secoue la tête et sors de la pièce. Dehors, j’aperçois une jeune fille de mon âge qui sort également de sa chambre, voisine à la mienne. Elle est vêtue d’une chemise blanche et d’une paire de pantalons avec une panoplie de poches… Il doit s’agir de la nouvelle car je ne l’ai jamais aperçue auparavant. J’hausses les épaules et pars dans le sens opposé, vers les cuisines. En effet, mon estomac cri famine, donc je l’écoute ! Je vais donc aux cuisines. Là-bas, je suis accueillie par une merveilleuse odeur alléchante de petits pains chauds. J’en prends deux que je mangerai en chemin. Avant de rejoindre Loiskë dans la forêt, je vais aller dans la cour. Peut-être y aura-t-il quelque chose d’intéressant…

Je marche lentement en regardant ce que les marchands ont à m’offrir. Je n’ai pas vraiment besoin de quoi que ce soit mais on ne sait jamais. Alors que j’achète quelques baies à un marchand de fruits, mon regard s’arrête sur la nouvelle, à l’écart, en train de discuter avec deux corbeaux. Je pais rapidement et m’approche discrètement. Je tends l’oreille pour écouter leur conversation.

-Je n'ai pas vraiment de sous, et il me faudrait de nouveaux vêtements et une nouvelle dague. Je peux me permettre plus de fantaisie maintenant, puisque j'ai n'ai plus à me déplacer. Mais je manque d'argent pour l'instant, et je n'ose pas voler les merveilles dans ce château parce que je ne sais pas si ils sont gardés ou non. On va donc se contenter du marché pour le moment. Au moins, on n'a plus à se soucier de la nourriture, ni de se trouver un toit. Je vous propose donc de voler quelques pierreries dans ce marché, avec la bonne vieille technique, puis on empoche l'argent et je m'achète de nouveaux vêtements, puis j'irais voler la dague en dernier. Ça vous va?

Les deux corbeaux hochent la tête et lui demande la première cible. La nouvelle reprend donc la parole :

-On va commencer par connaître un peu les prix du coin, puis je vous ferai signe lorsque j'aurais trouvé un étalage potable. On fera le fameux coup de la diversion.

*Elle prévoit donc de voler ? Intéressant. J’aime ça.*

La nouvelle s’approche de différents marchands pour probablement s’informer des prix. Elle va rapidement voir que leurs produits coutent cher, très cher. Elle va vers un marchand de bijoux au fond et jette un coup d’œil plutôt intéressé à ce que le marchand possède à vendre. Il lui adresse la parole :

-Désolée petite, je crains que ces petits bijoux ne soient trop chers pour ta petite bourse. Et si tu revenais avec ta maman ou ton papa? Je suis certain que quelque chose pourrait bien les intéresser... Et mes prix sont très abordables! Les meilleurs que tu puisses trouver sur le marché!

Elle promet de revenir avec sa mère… *Mensonge !* je pense, amusée. Je la regarde aller se cacher derrière un arbre près du mien. Je m’assois au pied de mon arbre pour que les gens pensent que je me repose simplement au pied d’un arbre à l’ombre. La nouvelle retourne vers l’homme avec le sourire qu’un enfant arbore quand il est en train de faire un mauvais coup. Elle assure avoir l’argent nécessaire et pointe un bijou à l’opposé du côté ouvert. Au même moment, les deux corbeaux s’élancent vers l’étalage pour faire diversion. Sous mes yeux, la nouvelle s’empare d’un bijou à l’extrémité de la table et le fourre dans une de ses poches. *Ingénieux* je pense, encore plus amusée. L’homme distrait par les oiseaux ne s’occupe pas de l’enfant qui vient de s’emparer d’un de ses bijoux. Quand les corbeaux voient que la nouvelle s’est emparée du bijou, ils lâchent prise. La nouvelle était déjà partie quand le marchand se retourne vers elle. Seulement, j’ai également perdue la nouvelle des yeux.

Quand je la retrouve, elle arbore un sourire froid et mauvais à l’intention des corbeaux en montrant des… pièces ? Comment les a-t-elle obtenues ? *Zut, ça a dut se passer alors que je l’ai perdue de vue…* Elle s’adresse alors à ses amis corbeaux:

-Ils se font berner à tous les coups... Je ne me lasserai jamais de leur stupidité! Mais revenons à l'étape suivante. En fait, je me demande si je ne serais pas mieux de voler la dague avant, puisque si j'achète les vêtements avant, je devrai aller les porter à ma chambre.

-Je crois que voler la dague avant serait un choix plus judicieux, puisqu'on ne veut pas perdre de temps. Tu termineras avec les vêtements pour disparaître rapidement ensuite, propose un des corbeaux.

La nouvelle et le deuxième corbeau hoche la tête pour approuver. La nouvelle retourne donc à la recherche d’un étalage. Elle s’arrête devant un étalage dont le marchand est grand, mince et plutôt agile. Elle siffle et pointe une dague noire comme le charbon aux oiseaux. *Mauvaise idée, idiote* je pense. Cet homme la poursuivra comme un fou en criant aux gens de l’arrêter car il s’agit d’une voleuse. Il ne se laissera pas distraire par les corbeaux assez longtemps pour que la nouvelle prenne l’arme et s’enfuit… Elle se fera prendre la main dans le sac. Je ne bouge tout de même pas de sous mon arbre à guetter ce qu’il va se passer. Comme je l’avais prédit, l’homme a vu la nouvelle inter-changer sa vieille dague toute émoussée contre celle que le marchand vend… Les corbeaux tentent de retrouver son attention mais le marchand se débarrasse d’eux d’un geste brusque puis, il se lance à la poursuite de la nouvelle. *Je dois faire quelque chose !* je pense d’abord puis, je me demande pourquoi je me sens si concernée par le sort de la nouvelle ? Elle joue des coudes pour tenter de se frayer un chemin avec difficulté et s’enfuir du marchand qui lui n’éprouve aucune difficulté à se frayer un chemin.

C’est alors que je m’aperçois qu’elle tente d’aller dans la forêt. *Deux choix s’ouvrent actuellement à moi. Sois je l’aide, sois je reste tranquillement ici et… je la laisse à son triste sort ?* je pense. Je me suis bien débrouillée par moi-même dans des situations plus délicates que cela, alors pourquoi l’aiderais-je moi ? Oh, j'ai trouvé ! Simplement parce que si cette vieille dame ne m’aurait jamais retrouvée, je serais toujours en train de vivre dans les forêts d’Opale, à ne pas manger à ma faim… Et puis merde, elle a de la chance que je sois de bonne humeur aujourd’hui ! Je me lève rapidement et m’élance vers l’homme.

Quand j’arrive près de lui, j’accélère pour bien lui foncer dedans. Nous tombons tous les deux et alors qu’il se relève je me confonds, en excuses qui sont tout sauf sincères. Quand il essaie de se remettre à la poursuite de la nouvelle, je lui barre le chemin et lui fais la conversation sans arrêter de m’excuser. C’est fou ce que je me fais penser à l’une de ces servantes en ce moment.

*Je suis sure que je vais regretter ce que je viens de faire… Ça ne me ressemble pas du tout !* je pense alors que je fais signe de partir à la nouvelle qui, je l’espère, est maintenant loin. L’a-t-elle vu ? Je l’ignore... Je continue tout de même à tenter de retenir le marchand.

-Oh, monsieur! Si vous saviez à quel point je suis navrée...

-Enlèves-toi de là petite, s'écrit-il en me poussant hors de son chemin.

Il me pousse si violemment que je bascule et m'écroule par terre. Il en profite donc reprendre son chemin vers la forêt. Je ne me retournes pas pour voir si la nouvelle a eu assez de temps pour s'enfuir. En fait, je m'en contrefiche. Ma bonne humeur s'est complètement envolée. Je savais que je regretterais de l'avoir aidée... C'est alors que je commence à me sentir mal, très mal... Un horrible mal de crâne me torture et mes muscles commencent à me faire affreusement souffrir. *Que se passe-t-il donc tout à coup ?* Je me lève rapidement et je commence à avoir le tournis. Je ne sais pas ce qui se passe mais ce que je sais, c'est que je dois aller ailleurs, là où il n'y aura personne. Je ne connais qu'un endroit pour cela: la forêt. Je cours donc vers la forêt... De toute façon, Loiskë ne devrait plus trop tarder à se montrer le bout du nez, ou plutôt le bout du museau dans son cas.

Rapidement, j'essaie de me frayer un chemin à travers la foule. Je cours aussi vite que mes petites faiblesses passagères me le permettent. Certains s'écartent hors de mon chemin, d'autres ne bougent pas leur gros popotin. Je dois donc les bousculer. Ils se retournent alors vers moi en me criant des injures. Je n'entend leurs voix qu'en écho dans ma tête. Elles sont tout de même pratiquement inintelligibles. Je cours, je bouscule des gens qui sont maintenant peu nombreux car la plupart n'apprécient guerre d'être bousculés par une gamine de 9 ans, comme ils le diraient. Je n'ai donc pas à me frayer un chemin car il se fraye de lui-même.

C'est la gorge sèche, étourdie, avec les jambes molles, les muscles endoloris et un horrible mal de tête que je suis accueille par la merveilleuse odeur que la forêt offre dès que je franchis les premiers arbres et m'engouffre à l'intérieur. La forêt est mon chez moi, mon vrai. Tous les moments marquants de ma vie se sont passés dans une forêt... De beaux après-midis passés dans les forêts d'Opale avec mon frère et mon père par tous les temps, leur abandon, ma rencontre avec Loiskë, un an à vivre dans la forêt, ma rencontre avec la vieille dame puis, les retrouvailles avec Loiskë qui m'a suivit jusqu'ici. D'ailleurs, dès que je le peux, je m'échappe en douce du château et vais rejoindre les forêts d'Émeraude, certes, mais également Loiskë, la plupart du temps. Ainsi, en pénétrant la forêt, je m'arrête de courir. Je ne peux tout de même pas rester si prêt du bord, c'est certain. Je continues donc d'avancer en titubant, étourdie. Ma vue se met à se brouiller légèrement. Je me frotte les yeux, en vain. Au fur et à mesure, ma vue se brouille de plus en plus... Je repousse les branches, trébuche sur des troncs d'arbres tombés ou sur de gros cailloux mais je continu à avancer. Je dois m'éloigner vers le milieu de la forêt... Je sonde la forêt jusqu'à repérer quelque chose caché dans un tronc creux à quelques mètres, je repère même Loiskë et sa nouvelle meute dans leur tanière. En effet, en arrivant dans les forêts d'Émeraude, Loiskë s'y s'est tout de suite plu. Il a vite rejoint une meute dont il est devenu l'alpha... Mon crâne proteste et mon mal de tête s'intensifie, me sortant de mes pensées. Alors que je tends la main pour récupérer ce que j'ai repéré il y a peu, je m'écroule par terre en hurlant, prise de convulsions...

Quand les convulsions s'arrêtent brutalement après un long moment douloureux, avec elles le tournis, ma vue brouillée et mon mal de tête me quittent, mes muscles ne me font plus souffrir et mes jambes redeviennent normales. La forêt auparavant si calme deviens bruyante, l'odeur de sapins qui me fait rêver se fait plus intense dans mes narines... Je lève la tête, ferme les yeux et prend une grande bouffée d'air avant de me rappeler de ce que j'avais trouver. Je me retourne vers le tronc creux dans laquelle j'avais retrouver quelque chose qui m'appartient. Je m'avance vers le tronc et me penche pour le sortir de sa cachette. J'en sors donc un bel arc probablement trop grand pour moi dont je suis habituée de me servir et un carquois rempli de flèches. Alors que je place rapidement le carquois de flèches sur mon épaule, j'effleure l'emplacement où mes oreilles devraient se trouver... Je tâtonne cet endroit de ma tête et le reste de mon crane jusqu'à trouver quelque chose d'étrange ressortir de ma chevelure, des oreilles poilues assez longues aux bouts arrondis... un peu comme celles de Loiskë. Je scrute tous les endroits de mon corps et quand je remarque un trou dans mes pantalons. De ce trou sors quelque chose que je me dépêche d'empoigner, bouche-bée. Entièrement recouvert d'une fourrure majoritairement noire, des poils bruns pâles pratiquement roux parsèment les autres poils noirs.

*Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire? Que se passe-t-il?* je me demande sans cesser de fixer ce que je tiens entre mes mains, affolée.

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Légers Problèmes [pv Laitna&Neo]

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